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6/09/2010


La culture : une fontaine de jouvence

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   La culture: une fontaine de jouvence 

Une analyse de la Ligue de l'Enseignement et de l’Education permanente

 

 Consultez l’intégralité de notre dossier consacré au 3e âge et l’Education permanente au format PDF

 

Lisez le texte d'introduction au dossier par Patrick Hullebroeck, directeur de la Ligue.

 

Vous pouvez également lire nos compléments d’information au dossier « La culture : une fontaine de jouvence » :

La Le programme des activités proposées par la Ligue de l'Enseignement dans les homes De La Tour et de La Cerisaie

 

Entr'Ages L'analyse des activités intergénérationnelles ainsi que les activités organisées par les asbl Entr'Ages et Assembl’Ages

 

Espace L'ensemble des activités organisées par Espace Seniors

 Consultez nos articles :

Les " Les universités des aînés, sur les routes du savoir " consacré aux universités des aînés.

Un " Un pacte entre les générations, les prépensions en lice " consacré à l'actualité politique et la réforme des prépensions.  

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La culture : une fontaine de jouvence ?

 

 

Patrick Hullebroeck,  directeur

 

 

La vie culturelle est une fontaine de jouvence, non d’être culturelle, mais d’être la vie.

 

La place des personnes âgées dans la société fait l’objet de représentations contradictoires.

Tantôt, l’opinion courante exprime la hantise d’une société  de vieillards, d’une sorte de gérontocratie étouffant les initiatives de la jeunesse ; tantôt au contraire, elle s’inquiète d’une société âgée et fatiguée, ployant sous le poids de trop nombreuses personnes âgées, dépendantes, à charge de la collectivité et « parquées » dans des mouroirs. Dans d’autres discours, on insiste sur la fragmentation sociale et l’abandon des vieux, avec à l’extrême, le spectre des formes d’euthanasie sociale imposée.

 

A l’inverse, certaines études insistent sur le rôle central joué par le troisième âge dans les solidarités intergénérationnelles et le maintien d’un tissu social vivant. Pour d’autres auteurs encore, l’accroissement du poids démographique des plus de cinquante ans est une opportunité pour le développement du marché des services et des produits spécifiquement conçus pour le troisième et le quatrième âge : le temps disponible et les moyens financiers caractérisent une proportion significative de ce public cible. En contraste, certaines représentations de la situation insistent sur la paupérisation des couches les plus âgées de la population et sur le risque de l’impossibilité d’assurer le financement des pensions.

 
 

 

En réalité, les données macro-économiques, les faits qui relèvent de la santé publique et même, les informations sur ce qu’est le vieillissement au plan physique et intellectuel sont mal connues.  Il en résulte une grande difficulté à se représenter la situation réelle des personnes âgées dans notre société ou plus simplement, à penser un projet de vie pour le grand âge. D’où également l’impossibilité de mettre de l’ordre dans les discours contradictoires diffusés par les médias quand ils sont confrontés aux expériences personnelles. Que dire alors de l’ambition de penser la place de la culture, et plus particulièrement de l’éducation permanente, aux troisième et quatrième âges, comme de la volonté de dégager des pistes d’actions concrètes dans ces domaines…

 

Telle est pourtant bien l’ambition de ce dossier qui jette les premiers linéaments d’une étude sur le(s) rôle(s) de la culture dans la vie des personnes âgées. Au départ de projets d’animation réalisés par la Ligue dans une Maison de repos (MR) et une Maison de repos et de soins (MRS), nous formulons l’hypothèse que la culture, pour être émancipatrice, ne peut être un à côté de la vie, une distraction, une occupation mais qu’elle doit être constitutive de la vie quotidienne elle-même. La vie culturelle est une fontaine de jouvence, non d’être culturelle, mais d’être un aspect de la vie sociale. La consommation de la culture ou l’animation culturelle en tant que telles ne peuvent être des outils d’intégration sociale si elles demeurent des à côtés de la vie « désocialisés » et artificiels.

 

Pour la grande majorité des personnes âgées confrontées en institution à l’expérience de la sérialité, du désoeuvrement, du handicap ou de la maladie et du deuil (de son chez soi, de son indépendance, d’un proche, etc.), les enjeux de l’animation se posent moins en termes purement culturels que socioculturels : il s’agit autant de restaurer ou de développer une vie sociale que de replacer les pratiques culturelles dans celle-ci. Il est vain de vouloir faire l’un en ignorant l’autre.

On ne peut prétendre à une forme d’émancipation par la culture si dans le même temps, on ignore les conditions sociales de l’existence des personnes âgées en institution. Or, la réalité institutionnelle d’un grand nombre de Maisons de repos et de Maisons de repos et de soins empêche le développement d’une véritable vie sociale des résidants.

 

Confrontées aux contraintes de la vie collective, des soins médicaux et de l’hygiène, la vie des institutions est en effet régie par le primat de l’hygiène, de la médecine et de la gestion (quand il ne s’agit pas de la recherche du profit), au détriment de la vie sociale et culturelle. Il en résulte une sorte de « choséïfication » des personnes âgées vivant en institution qui ne s’explique pas seulement par les déficits intellectuels et physiques.

Si ces derniers ne peuvent être ignorés et si la prise en compte des handicaps et des possibilités réelles des personnes âgées est même une marque d’attention et de respect qui doit inspirer l’attitude des intervenants, ils ne doivent pas servir de paravent ou de justification au mode de fonctionnement des institutions quand il nie la dimension constitutive de la vie sociale (contacts, échanges, reconnaissances, etc.) chez l’être humain. Il peut pourtant être tentant, dans le chef des intervenants culturels, de fermer délibérément les yeux sur cet aspect de la condition humaine vécue par les personnes âgées, au nom du caractère spécifique de leur intervention ou de la « culture » dont ils sont les hérauts. 

 

Il serait intéressant, par pure hypothèse, de se demander s’il ne serait pas possible, de repenser le fonctionnement des institutions, sur base des besoins sociaux et culturels des résidants dont les soins et la gestion seraient le prolongement.

 

C’est par exemple dans cette direction que l’approche des « Cantous » a été élaborée en privilégiant la recomposition de cellules de vie intégrées sur un modèle familial. Pour les professionnels de ces institutions, cette forme d’organisation implique il est vrai une grande disponibilité et la fin des cloisonnements disciplinaires.

Les personnels soignants, infirmiers, d’entretien, d’animation,… sont amenés à sortir de leur spécialité pour travailler dans des équipes pluridisciplinaires. L’organisation spatiale des lieux de vie doit également être repensée. Voilà des expériences qui ne s’improvisent pas et qui ne peuvent être transposées telles quelles d’une institution à l’autre. Elles ont le mérite, parmi d’autres initiatives, d’indiquer des voies d’évolution réalistes.

 

 

Le présent dossier réalisé par Marie Versele n’a pas pour ambition de poser le problème dans des termes aussi larges. Il constitue plutôt un premier état des lieux, une introduction à une problématique passionnante qui donne la parole à divers spécialistes de la question avec en perspective le développement des activités d’éducation permanente auprès des personnes âgées.

 


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